lundi 5 juin 2017

Caterina di Guisa, opéra de Carlo Coccia

Caterina di Guisa est le seul opéra de Coccia, avec Clotilde, qui a récemment été gravé au disque, par les éditions Bongiovanni, à Bologne. 
  
C’est d’ailleurs au cours d’une visite de cette ville que je l’ai découvert, un soir d’hiver, alors que la neige ne cessait de tomber. Autant pour nous mettre au chaud que par curiosité, nous avions poussé la porte de cette auguste maison d’édition musicale, qui, tout au long du siècle dernier, a vu défiler Puccini, Respighi, Toscanini et bien d’autres. En fourgonnant dans les rayonnages, parmi des dizaines de raretés, je mis la main sur la Caterina.
  
Comme il y avait à l’hôtel un lecteur CD, je profitai d’un bain chaud et bienfaiteur pour écouter le premier acte pendant que Jean-Laurent essayait, ravi, la belle parka fourrée d’opossum qu’il s’était trouvée sur le chemin du retour. Mais ne nous égarons pas avec les opossums et revenons à notre opéra.
  
Piotr Kaminski (1 001 opéras, Fayard) reconnait des qualités à l’ouvrage : Coccia, écrit-il, d’un effort créatif suprême, semble franchir le mur qui sépare le Rossini napolitain de l’expressivité romantique magnifiée par Donizetti dans Anna Bolena (1830).
  
Très plaisante, la musique de Caterina di Guisa fait effectivement tantôt penser à Rossini, tantôt à Bellini ou Donizetti. Pourtant, on remarque assez vite que si Coccia réussit à composer dans le goût de l’époque, il ne parvient réellement jamais à imprimer à sa musique la personnalité, l’originalité et surtout le contenu émotionnel qui ferait de lui un grand musicien. L’écoute de ce qui est généralement considéré comme son meilleur opéra confirme donc en grande partie le jugement de l’histoire.
  
Ecrit par Felicio Romani, collaborateur fidèle de Bellini et de Donizetti (La Somnambule, Norma, l’Elixir d’amour, Anna Bolena notamment), le livret raconte les amours malheureux du comte de Saint-Mégrin (Megrino…) avec l’épouse du terrible duc de Guise. Tarabiscotée et ne s’encombrant pas du souci de vraisemblance, l’intrigue repose sur une histoire de clef perdue et retrouvée, on ne sait ni par qui ni comment. Mais on en a vu d’autres à l’opéra, et cela n’a pas empêché le succès. Un succès d’un soir, car l’œuvre ne fût pratiquement jamais reprise après sa création.
  
En 1837, Coccia est nommé maître de chapelle à Novare, dans le Piémont et devient la même année directeur du Conservatoire de Turin. S’inspirant du sage exemple de Rossini, qui, en pleine gloire, cessa de composer pour savourer pendant plusieurs décennies les plaisirs de la paresse et de la bonne chère, Coccia compose son dernier opéra en 1841, Le Lac des fées (Il Lago delle fate), puis pose définitivement la plume avant de s’éteindre, à l’âge canonique de 91 ans, dans sa bonne ville de Novare (où le théâtre municipal porte aujourd'hui son nom).
  

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Encore une découverte...Et en plus à Bologne sous la neige... Comment diable fais-tu ??
Bien aimé le court extrait proposé..;
Je suppose que Jean Laurent a maintenant rangé sa parka avec ses vêtements d'hiver...
Amitiés.